Et si on passait Noël en France cette année ?

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Dans les pays où le thermomètre ne descend pas en dessous de trente degrés début décembre et où pas un flocon de neige n’est à prévoir pour la nuit du 24 (ni pour les quinze ans à venir), la phrase la plus prononcée à cette période de l’année par un expatrié en tongs est : « C’est fou, je n’arrive pas du tout à réaliser que ça va être Noël ! » Les premières années, c’est assez excitant. Et puis arrive un moment où, finalement, l’expatrié en chemisette commence à être gagné par une certaine nostalgie…

Eh oui ! après quelques d’années d’expatriation exotique et de réveillons tropicaux, l’envie vient chatouiller même le plus frileux des expatriés : chacun finit par rêver aux doux Noëls d’antan sous la neige et entouré par la famille. Même si toutes les années précédentes, en janvier, vous avez vu rentrer de leurs vacances en France vos amis exsangues, se plaignant du froid, des crises de foi(e), des disputes familiales autour de la bûche du 25, des grèves de la SCNF et des gastros à tour de rôle de leurs enfants… vous voici en possession de billets pour la France pour Noël. Youpi !!

 

La version light de votre circuit estival

 

Commençons par un point très positif : la bonne chose avec les vacances de Noël, c’est le verglas sur les routes et le taux d’alcoolémie dans le sang des conducteurs fêtards. Votre famille et vos amis ont beau vous voir rarement, ils tiennent à votre vie et comprendront (mieux qu’en plein été) que vous limitiez vos déplacements. Vous pouvez donc vous contenter de quelques points stratégiques et vous éviter un nouveau Tour de France. Ou pas.

 

 

Personne dans votre famille n’a rien de chaud à se mettre…

 

Durant vos années d’expatriation ensoleillée, quelques changements biologiques ont pu s’opérer parmi les membres de votre famille : la probabilité est forte pour que vous ayez plus d’enfants qu’en quittant la France ou que vos bébés aient pris quelques pointures ou tailles de vêtements. Il va vous falloir habiller en conséquence tout ce petit monde qui n’a peut-être jamais vu l’ombre d’un pull ou d’une chaussette.

Vous allez donc passer le début du mois de décembre à composer frénétiquement, et pour chacun, une panoplie de vêtements chauds, en vidant vos armoires et celles de vos voisines, ou lançant des SOS à toutes vos amies et des messages désespérés sur les groupes Facebook locaux de jeunes mamans. Vous avez bien ce pull marin que votre tante Solange a offert à votre aîné pour sa naissance à Bangkok et qui n’a encore jamais servi… Dommage, c’est du un an et votre petit dernier en a maintenant quatre. Embarquez-le quand même, vous pourriez le refourguer à un petit cousin comme cadeau de Noël (ça sera dur de faire croire que c’est thaïlandais, mais tant pis – De toute façon, on sait tous que les cadeaux locaux ou ethniques ne sont jamais appréciés à leur juste valeur et nous font toujours passer pour des radins!).

Vous courez ensuite récupérer à droite à gauche des pantalons chauds, polaires, combi-pilotes, bottes fourrées et imperméables… Aucun de vos enfants ne rentre exactement dans ce qu’on vous prête mais ça fera l’affaire. Ils seront un peu engoncés ou flotteront dedans, tant pis. Le seul souci, c’est le manque d’homogénéité dans tout ce que vous avez récupéré : ça va jurer sur les photos de famille.

 

Bien pire: VOUS, vous n’avez rien à VOUS mettre, au secours!

 

Bien sûr, vous n’êtes personnellement pas concernée par des fluctuations biologiques d’aucune sorte : vous avez toujours la même taille de guêpe qu’il y a dix ans. Mais vous avez un autre souci : votre garde-robe hivernale affiche à son compteur le même nombre d’années que celui de vos expatriations. Elle n’est donc plus forcément de première jeunesse. En sortant de vos cartons vos vêtements d’hiver (s’ils ne sont pas au fond d’un sombre garde-meubles en France ou dans le grenier de vos parents), ceux sur lesquels vous fantasmez pendant les pics de chaleur de votre pays d’accueil (Ahhh…. porter des bottes… le rêve !), le doute vous envahit. Le 31 décembre, vous allez réveillonner avec votre vieille bande d’amis, dont la moitié féminine n’est composée que de citadines branchées. L’été dernier, quand vous avez parlé de passer chez Naf Naf, elles ont ricané et vous ont recommandé dix autres marques dont vous n’aviez jamais entendu parler mais dont vous n’arrivez plus à vous souvenir.

Deux options : vous pouvez porter votre robe chauve-souris, tellement “in” en 2008, et répéter à vos amies que vous êtes à la pointe de la mode actuelle dans votre pays d’accueil (ben oui, la mode c’est cyclique, comment ne savent-elles pas ça ?). Ou mettre un gros pull par dessus l’une de vos dizaines de jolies petites robes d’été.

 

 

Il fait froid, il fait nuit tout le temps… et il n’y a pas de neige

 

Oui, oui, c’est ça le principe : il fait FROID en hiver en Europe. Et la neige s’échappe rarement des stations de sports d’hiver.

Attention donc à la préparation psychologique du petit expatrié qui n’a jamais vu la neige et vit à moitié nu toute l’année. Si vous cultivez dans le cœur de votre enfant son amour et sa connaissance de la France à coup d’imagiers sur Paris, d’ABC de la ferme ou de jolis livres sur le concept des quatre saisons (concept dont les subtilités de l’automne et du printemps commencent d’ailleurs à vous échapper à vous aussi), vous avez prévu votre coup et depuis le mois d’octobre, vous êtes en boucle sur Petit Ours Brun joue dans la neige et Tchoupi met une doudoune.

Alors, c’est une chose que votre enfant les connaisse par cœur, c’en est une autre qu’il accepte que la neige, c’est froid (quand il y en a) et que, non, personne ne fait de ski dans les rues de Paris. Faites-lui plutôt apprendre par cœur Petit Ours Brun est jet lagué et a la gastro, Mimi Cracra joue dans le caniveau avec de la neige fondue toute grise (et la mange), Tchoupi met deux heures à s’habiller pour sortir (mais a quand même froid), sans oublier Peppa Pig : les collants, ça gratte !

 

Et le grand jour arrive : les cadeaux, les cadeaux !

 

Si votre enfant est un peu bougon, heureusement à Noël, il y a les cadeaux ! Hélas, ce qui fera son bonheur ne fera peut-être pas le vôtre. Vous avez déjà eu quelques soucis l’été dernier pour boucler vos bagages avant de reprendre votre avion… Mais ce n’était rien face à la hotte du Père Noël qui s’apprête à se déverser dans vos valises. Vous avez beau avoir prévenu vos proches que vos enfants n’aiment que les jeux de cartes et les billes, ils sont trop heureux de pouvoir ENFIN les gâter à Noël, et vous voici maintenant face au casse-tête de devoir rapporter avec vous un tricycle, une maison de poupées, une boîte géante de Légo et le château Playmobil…

 

Et vous voilà en janvier atterrissant à votre tour dans votre pays tropical, exsangue, vous plaignant du froid, des crises de foie, des disputes familiales autour de la bûche du 25, des grèves de la SCNF et des gastros à tour de rôle de vos enfants… C’est sûr, vivement l’été prochain en France et l’apéro dans la jolie campagne !

Car Noël en France, on ne vous y reprendra plus, l’année prochaine, c’est Noël au soleil !… A lire la semaine prochaine !

 

 

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