La France brille à l’International Day

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Le plus beau jour de l’année à l’Ecole internationale, c’est le International Day.

 

Ce jour là, chaque enfant doit venir dans la tenue traditionnelle de son pays. Les parents sont tous invités pour un grand spectacle animé par les différentes classes et présenté par le directeur (qui rêve en secret de monter son one man show). Après le spectacle, petits et grands restent pour un déjeuner du monde fait maison.

 

Tout cela comporte quelques challenges pour la mère dévouée que je suis. Commençons par le costume local que doit porter Eugène. Si j’élevais un petit Mexicain ou un petit Chinois, je verrais bien comment l’habiller. Le petit Français, je sèche et je ne suis pas le genre de Maman qui va confectionner un béret de ses petites mains (d’ailleurs qui en France porte un béret?). Je pourrais choisir de l’habiller en petit Anglais. Mais un chapeau melon, c’est à peu près aussi facile à trouver en Thaïlande qu’un béret.

Je me concentre donc sur les 50% de gênes de mon fils qui sont Français. Ce qui est bien dans notre Ecole internationale, c’est que il y a peu de petits Français. Ça réduit  la concurrence et nous évite des comparaisons qui pourraient s’avérer peu flatteuses. J’avoue que ma copine Française de l’école, Adèle, ne me fait pas beaucoup d’ombre.

Un gros effort d’imagination me conduit à trouver le déguisement parfait pour mon Eugène. Je l’habille solennellement de sa marinière blanche et bleu marine qu’il porte un jour sur deux. Marinière qui, apparemment, est sôôô frenchy… Rusée comme pas deux, en bas, je lui mets son short rouge qu’il porte également la moitié du temps. Bleu-blanc-rouge, qui dit mieux ?

 

L’autre challenge de la journée, c’est d’apporter un plat typiquement Français pour le déjeuner. Chaque Maman passe sa journée de la veille en cuisine à préparer un bon petit plat de son pays (qu’elle va décorer de petits drapeaux pour que surtout chacun sache bien quelle est la nationalité du plat typique en question). Bon, qui a vraiment envie de manger un pot-au-feu debout dans une cour d’école surpeuplée, par 35 degrés ? J’apporte 3 croissants achetés au supermarché du coin, tandis que ma copine Adèle vient avec du Guacamole Old El Paso. Vous voyez, avec elle, je n’ai rien à craindre au niveau du « Qui est la Maman Française la plus dévouée de l’école ? ».

 

Une fois que tous les enfants sont arrivés dans leurs plus belles tenues (curieusement, personne ne me félicite pour la tenue d’Eugène) et que les parents sont assis autour de l’estrade, le spectacle peut commencer. Et là, le International Day, ça devient un peu n’importe quoi.

D’abord, les enfants défilent dans leurs beaux costumes (sympa la chapka russe ou le bonnet péruvien par 35 degrés…). Au cas où on n’ait pas encore compris la thématique de la journée, chacun porte le drapeau de son pays en bandoulière, et aussi à la main (deux précautions valent mieux qu’une). Dans une Ecole internationale, il y a pas mal d’enfants internationaux (à commencer par mon fiston qui refuse de porter son drapeau Français, passons), donc pas mal d’enfants qui portent le drapeau de Papa, celui de Maman et parfois aussi celui du pays où ils sont nés… Et pour enfoncer le clou, la cour de l’école est sur-décorée de cartes du monde et drapeaux en tous genres. Tout le monde a bien compris ?? C’est le International Day. Le message c’est : A l’Ecole internationale, on est open minded ! On aime toutes les nationalités du monde !! Moi, ça commence à me piquer un peu les yeux tous ces drapeaux multicolores et ces costumes bigarrés.

Puis le cœur du spectacle arrive. On suit le thème de la journée jusqu’au bout et on en rajoute tant qu’on peut : chaque classe a préparé un petit spectacle autour d’un pays en particulier. La classe de Eugène a pour thème l’Afrique du Sud. Sur scène, le petit Péruvien, une petite Chinoise, une petite Frozen ( ?), mon petit Français et j’en passe, se trémoussent dans leurs costumes typiques sur le bruit des tam-tams en chantant une histoire de girafes et de zèbres… Là, ça commence à faire beaucoup pour moi. Trop d’international tuerait-il l’international ?… Peut-être. Je frôle l’indigestion.

 

Bon, j’ai fini par survivre au spectacle et au déjeuner international. Le guacamole, ça passe très bien avec les croissants. Je suis rentrée chez moi le cœur léger et emplie du sentiment du devoir accompli. Oui, pour ceux qui s’inquiètent du rayonnement international de la France à l’étranger, n’ayez crainte. Adèle et moi faisons briller la France en Thaïlande. Adèle, elle, a habillé sa petite Française en Américaine. Une sombre histoire de tee-shirt préféré…

 

Photo: Pixabay

3 Comments
  • Christine, de Suisse
    June 3, 2015

    Bravo Mathilde. Je viens de découvrir votre blog. très chouette. Vingt ans d’expatriation dans les talons, pour ma part. Puis plus envie, j’ai fait le tour de tout ce que vous racontez. Et je suis rentrée au bercail pour diriger une école publique…qui accueille des enfants du monde entier…Mais non, je n’ai pas divorcé, pas du tout, malgré les statistiques effrayantes que vous avancez. Je fais juste énormément d’aller-retour de chez moi à Londres. Une vie pour la semaine, une vie pour les week-ends. Et les nuages au-dessus de la Manche comme toile de fond pour lire et écrire,
    Vous parlez des expats qui font de la photo. Vous connaissez probablement Isabelle T, à Bangkok comme vous. Si oui, dites-lui que Christine, la Suisse, vous a écrit. Elle comprendra tout de suite. Elle sait que j’adore écrire, et photographier…Au plaisir de vous lire encore.

    • mytailorisanexpat
      June 4, 2015

      Bonjour Christine, Oui, je la connais Isabelle ! Votre message est passé. Merci bcp pr votre témoignage !

  • Yen l'indienne
    June 5, 2015

    Cet article m’a bien fait rire.
    Dans notre école on a aussi une journée internationale mais on est beaucoup de français. On essaye donc de s’organiser pour avoir tous la même tenue. Ce n’est pas une mince affaire.
    il y a un défilé avec les drapeaux et ensuite les 1000 élèves passent à tour de rôle à notre stand où on leur tamponne leur passeport du UN day, on leur remet un cadeau et ils goûtent une spécialité française.
    C’est vrai que qd on est seul ou presque ça doit être moins drôle. Mais c’est drôle à lire. Merci.

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