Expatriation: la dernière année… last but not least ?

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On le sait : toutes les bonnes choses ont une fin. Et souvent – et heureusement – les mauvaises choses aussi. Alors, que votre expatriation actuelle soit une parenthèse enchantée dans votre vie ou un long chemin de croix, vous le savez : ça ne va pas durer éternellement. Inexorablement arrivera un jour… votre dernière année (ou en tout cas pour commencer, son premier jour) !

 

 

Quand le couperet tombe

Parfois, le changement de pays arrive sans crier gare ! Du jour au lendemain, une petite famille d’expat pourtant bien implantée se retrouve au milieu des cartons, arrachée à un rêve éveillé par une maison mère capricieuse ou un pays instable. Mais en règle générale, la vie d’un expatrié étant réglée comme du papier à musique, il sait depuis le début combien d’années il restera sur place. Souvent après deux ou trois ans, sonne le glas de la dernière année. Et cette dernière année n’est jamais la même que celles qui l’ont précédée.

 

Ètudions trois comportements d’expatriés ayant connu chacune des fortunes diverses et variées dans leurs pays d’accueil. Voici comment ils y vivent leur dernière année:

 

Celui qui nage en plein bonheur

Cet expat est tombé en amour, depuis le premier jour, avec son pays d’accueil. Et depuis ce premier jour, il va de surprises formidables en découvertes enchanteresses. Plus il creuse, plus il en apprend sur ce beau pays, plus il y est heureux. Quand s’annonce la dernière année, l’expat énamouré se met donc bille en tête d’en profiter au maximum, de tout et jusqu’au dernier jour. Cet expat étant d’un naturel très positif, il ne se laisse pas aller à de la nostalgie anticipée. Non : il profite avec bonheur !

Reste-t-il encore des quartiers qu’il ne connaît pas sur le bout des doigts ? Des plats locaux qu’il n’a pas encore goûtés ? Des cours de quelque-chose ou une activité indispensable qu’il n’a pas suivis (surtout si c’est une femme d’expat) ? Des sites touristiques qu’il aimerait revoir ? Des régions de ce pays dont il n’a pas encore épuisé toutes les ressources ? Des articles de déco locale qui n’ornent pas encore ses murs ?

Cet expatrié positif et énergique va vivre sa dernière année à 100 à l’heure (et au prix fort). Il ne va jamais se poser, va faire beaucoup de shopping, partir en week-end et en voyage toute l’année, sans oublier de profiter au maximum de tous ses amis qu’il ne pourra pas emmener dans ses cartons en fin d’année. S’il a un job, ça ne sera peut-être pas son année la plus productive.

 

Celui qui traverse la vie avec philosophie

On trouve beaucoup de ces optimistes (un peu fatalistes) parmi les serial expats. Ils en ont vu d’autres, et ils en verront encore bien d’autres. Ils prennent le meilleur de ce qu’il y a à prendre et font fi du reste ! Ils savent que rien ne dure en ce bas-monde et que quand la fin s’annonce, ce n’est pas la peine de se mettre la rate au court bouillon. Que cet expat ait été heureux ou malheureux dans son pays d’accueil, là n’est pas la question: quand la fin s’annonce, pas la peine d’en faire des caisses.

Tout comme celle de l’expat énamouré, la dernière année du serial expat va être très intense. Tout aussi intense, mais peut-être moins enthousiaste. Car si le serial expat va tenter de profiter au mieux de cette dernière année, il va le faire très sérieusement, avec méthode et raison. S’il veut quitter cette ville la tête haute, il lui reste des sites à visiter dans la région, des cours à suivre, des souvenirs à engranger, des expériences à vivre… Très pragmatique, il sait aussi ce qu’il vaut mieux acheter dans son pays actuel plutôt que dans le suivant, et commence à faire son marché (et ses cartons) dès le mois de septembre.

Et puis surtout, si c’est un vrai serial expat, il a l’habitude des fêtes de départ !  Ces vraies grosses fêtes avec thèmes et déguisements de folie qui finissent à cinquante dans la piscine ! Sa farewell party se profile à l’horizon, il ne va pas falloir se louper ! Toute son année tend donc vers l’organisation de cet événement majeur qui se devra de rester gravé dans les mémoires ! Mois après mois, l’expatrié à Mois-9 du départ affine le thème de sa fête, son menu, sa liste d’invités, sa play-list… En parallèle, il jalonne ses conversations d’indices sur ce qu’il aimerait recevoir comme cadeauX de départ (sachant qu’en juin, il a noté tous ce que ses amis en partance avaient reçu). Il prend aussi beaucoup de selfies et photos avec ses amis afin que le collage de photos qu’ils seront bien obligés de joindre aux cadeaux suscités soit le plus complet, et le plus valorisant possible.

 

Celui qui serrait les dents depuis 3 ans

Depuis le premier jour, cet expatrié n’est pas bien là où il est. Son impression première s’est confirmée très vite et voilà trois ans qu’il souffre au quotidien. Le climat de son pays d’accueil l’agresse 365 jours sur 365, les locaux (et les expats) qui l’entourent le dépriment, le fonctionnement même de cette ville le rend fou, il collectionne les galères dans son travail…

Pendant trois ans, il s’est tenu et a fait de son mieux pour voir le verre à moitié plein. Il s’est voilé la face pour ne pas tomber en dépression profonde et a tenté de faire bonne figure.

 

 

Une dernière année tout en détachement

Adapte du lâcher prise, auquel il n’arrivait cependant à céder lors des premières années, notre ”expatrié pas très heureux dans son pays d’accueil” va vivre une dernière année détachée de tout. Ça y est enfin, plus rien ne le touche. Il est là, sans être là. Aucune nouvelle concernant son pays d’accueil n’arrive à passer la frontière de ses tympans, aucune saveur locale ne se loge plus jamais dans son assiette, aucun ressortissant de son pays d’accueil n’entre plus jamais dans son champ de vision, même pas ses collègues qui le rendaient fou depuis le début. Même sort pour des nouvelles têtes d’expats rencontrées en court d’année. Il vit dans une petite bulle qui est la même qu’il soit à Perth, à Caracas ou à Libreville. Il traverse l’année sans toucher terre, avec en ligne de mire le mois de juin et les promesses libératrices du déménagement.

 

Le retour de bâton dans la figure !

Cet expat n’aime pas son pays d’accueil car, il en est sûr, l’herbe est bien plus verte ailleurs. Il le pense depuis le début et rien de local n’a jamais trouvé grâce à ses yeux. Et voilà que sa dernière année va bon train et qu’enfin, l’ailleurs se profile… ailleurs qui ne semble pas être si vert que cela.

Cet expat malheureux serait-il en train de faire marche arrière ? Finalement, ce pays qu’il dénigre depuis le début était-il si mal que ça ? Cette dernière année serait-elle en train de prendre une tournure un peu amère ? Et le pire dans tout ça, c’est qu’on peut se demander si cet expatrié qui n’aimait pas son pays d’accueil (le précédent non plus d’ailleurs) et qui commence à redouter le prochain (mais qui ne veut surtout pas rentrer en France – « C’est nul la France ! »), pourrait finir par être heureux un jour quelque part ?

 

Le calvaire de la dernière année

Dans son fort intérieur, celui-ci le sait depuis longtemps : il déteste cette ville et ce pays, et maintenant qu’il est (presque) sur le départ, il est temps que cela se sache ! Son entrée en dernière année le libère du poids du silence, il faut qu’il parle, ça l’aidera à supporter cette année, l’année de trop (comme les précédentes). Il ouvre donc les vannes pour dire tout ce qu’il pense : c’est parti pour un an de plaintes et de moqueries ! Qui ne vont pas forcément l’aider à faire passer cette dernière année plus facilement. Plutôt que de le soulager, cela l’enfonce ! Il ne supporte plus rien de son pays d’accueil, chaque jour est une souffrance, l’année est interminable. Notre expatrié va arriver en juin aigri et sur les rotules !

 

Si vous êtes un petit nouveau plein d’espoir et d’énergie, fuyez-le ! Ne vous laissez pas plomber le moral par cette Cassandre au bout du rouleau. Vous aurez bien l’occasion de découvrir par vous-même tous les mauvais côtés de votre ville d’accueil. En attendant, concentrez-vous sur les bons.

 

Mais si vous êtes un de ses bons amis depuis le début ne le lâchez pas d’une semelle ! Bien sûr, il a besoin de votre soutien. Mais surtout, voilà qu’il va oser dire à toutes et à tout bout de champ ce que chacune pense tout bas ! C’est le privilège des dernières années, et ça peut faire du bien à entendre !

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Que vous soyez en première ou en dernière année d’expat, vous n’êtes pas sans savoir (j’espère!) que My tailor is an expat, THE livre est sorti en juin (avec 50% d’articles jamais publiés sur le blog) !!

Au menu du livre, 9 grands chapitres dans lesquels vous retrouverez la femme d’expat dans tous ses états, les représentants de la France à l’étranger (Ambassade, Chambre de commerce, Alliance française…), l’incontournable Association d’accueil, le fameux et mystérieux ”homme d’expat”, les ”visiteurs d’expats” qui viennent squatter nos chambres d’amis à longueur d’année… et tellement plus encore… Pour le commander C’EST ICI . Merci !

1 Comment
  • Pompommegirl
    September 26, 2017

    Hihi j’étais tellement dans la première catégorie ! Par contre dur fut le choc de la rentrée qui n’était pas tout à fait prévu aussi tôt!!!

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