Expatriation : à la conquête de nouveaux amis (1)

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Quand on part vivre à l’étranger, on n’emmène pas dans ses cartons ses vieilles copines, ses frères et sœurs ou ses collègues. Une fois sur place, on se retrouve en tête-à-tête avec sa petite famille nucléaire. Alors oui, « La famille, y’a que ça de vrai » mais quand-même… Parfois, j’aime bien discuter avec d’autres gens que mon mari et nos deux fils en bas âge.

 

Tout d’abord, un mot de préambule : fraîchement débarqué en expatriation, on peut aussi biaiser et tout miser sur sa vie d’avant grâce à Skype, Facebook et Hotmail. Cette technique permet de mener toute une vie sociale sans sortir de chez soi, ce qui dans une ville où règne 20 heures sur 24 le tiercé gagnant « chaleur + humidité + embouteillages » présente des avantages certains.

Mais si on est un peu téméraire, on peut partir vaillamment à la conquête de nouveaux amis. Encore faut-il bien choisir ses sorties et adopter les bons réflexes. Tour d’horizon des meilleures techniques et atouts pour “sociabiliser efficace”.

 

Miser sur ses enfants

Pour se faire des amies quand on est femme d’expat et qu’on ne travaille pas, rien de mieux que les enfants, même quand ils ne sont pas encore nés ! Yoga pour femmes enceintes, groupes de discussion de futures et jeunes Mamans, préparation à la naissance, bébés nageurs, playgroups, play dates (attention, ce n’est pas la même chose), réunion de parents d’élèves, activités extra-scolaires,… Tout est bon pour engager une conversation qui ira de « Combien de mois avant la due-date ? » jusqu’à « Et votre fille, elle est en terminale quoi ? » ou sa version « Did you get an answer from Harvard yet ? ».

 

Avoir un job

Si vous n’avez pas d’enfants, il vaut mieux avoir un job. Mais attention, pas n’importe quel job. De préférence, choisissez une société qui emploie d’autres expatriés. Ça va être plus facile. Et si possible, des expatriés de beaucoup de nationalités différentes. C’est connu, le collègue Français aura moins tendance à aller boire des bières que d’autres. Même s’il n’a pas d’amis à Bangkok, il lui restera un réflexe de méfiance face à qui veut le voir en dehors du bureau (« Mais il croit que je n’ai pas d’amis ou quoi ? » ou « Moi, je ne mélange jamais vie perso et vie pro. »). Donc, proposez à tous vents à vos collègues Anglais, Australiens, Allemands… d’aller boire une bière. Ils diront toujours oui.

S’il n’y a pas d’autres expatriés dans votre société, alors ne soyez pas chef. Si vous êtes le chef d’un Thaïlandais, il y a beaucoup de chance que jamais il n’accepte d’aller boire un verre avec vous. Ou s’il le fait, vous allez mettre un long moment à briser la glace. Bref, moins vous aurez de responsabilités et plus vous aurez de collègues Thaïlandais au même niveau que vous, plus vous aurez de chances de vous faire des amis.

 

Chercher un job (ou au moins, faire semblant)

Si vous n’avez pas de job, cherchez-en un. Pour ce faire, deux techniques :

1- Contactez tous les managers et DRH liés de près (ou de loin) à votre domaine professionnel pour leur demander un rendez-vous « pour discuter du marché du travail en Thaïlande » (on ne fait pas fuir le potentiel ami en lui demandant un job tout de go). Si vous tombez sur quelqu’un qui s’ennuie profondément ou n’a pas d’amis (car trop haut dans la hiérarchie, ce qui n’est pas mal si vous cherchez réellement un job), il vous recevra certainement. Il se pourrait même qu’il vous propose un déjeuner.

2- Aller écumer les workshops et conférences organisés par les Chambres de commerce et instituts professionnels. A Bangkok, il y en a 7 jours sur 7, à toutes heures du jour et de la nuit. Vous n’y apprendrez peut-être rien de bien intéressant mais il y aura toujours un coffee break pour discuter avec les autres participants (dont une partie significative est là, elle aussi, car elle s’ennuie ferme et n’a pas d’amis).

 

Networker à fond

Rackettez tout votre entourage (et ce dès avant le départ pour les plus organisés) pour récolter des adresses mails d’amis d’amis d’amis qui vivent à Bangkok. Une fois sur place, proposez des cafés et déjeuners à tout le monde pour faire connaissance. Là, tout peut arriver : la rencontre avec sa meilleure amie pour les 4 ans à venir, le déjeuner sympa mais on ne sait pas trop pourquoi on ne s’est jamais revues après, ou la rencontre avec une fille qu’on va ensuite passer 4 ans à éviter (ou elle à vous fuir).

S’il s’avère que au bout de dix minutes, vous n’avez plus rien à dire à la petite cousine de votre ancienne voisine, profitez en quand-même pour lui soustraire le plus d’informations possible. Elle ne vous en tiendra pas rigueur, elle l’a fait avant vous. Allez-y sans complexe, ça se fait : demandez-lui le salaire de son chauffeur, si elle paie ou pas les heures supplémentaires de sa nanny, le nom de son gynéco (plus facile à lui demander à elle qu’à un DRH à qui vous voulez faire croire que vous cherchez un job), etc.

La seule question à éviter : « Tu pourrais me donner le nom d’une fille vraiment sympa avec qui je pourrais aller déjeuner ? » — Un article entier sur le Blind date avec une petite nouvelle à lire ici !

 

Enfin, et surtout: se regrouper !

En matière de recherche d’amis, la technique du regroupement avec ses pairs donne d’excellents résultats. Faites du yoga, du pilate, de la zumba… Rejoignez une association caritative… Suivez des cours… Devenez membre (voire organisatrice) du réseau d’accueil des femmes d’expat. Attention, une précision : devenir membre de ce réseau ne vous donne pas accès de facto à une grande bande d’amies. Non, une fois votre inscription enregistrée, il vous faudra participer à des activités. Ah oui, ça se mérite les copines !

Pour résumer, ce n’est pas le moment de faire bande-à-part, laissez tomber pour un moment les activités en solo. La natation, par exemple, ça ne sert à rien pour se faire des amis. D’une part car la piscine se trouve dans votre immeuble (Chance de se faire des amis en maillot de bain dans l’ascenseur : proche de zéro), d’autre part car entre deux brasses coulées, pas facile d’avoir une vraie conversation.

 

Voilà pour aujourd’hui. A la lecture de cet article, il nous apparaît que la recherche d’amis a souvent comme conséquences collatérales d’occuper beaucoup les journées. Ce qui pour une femme d’expat non scolarisée et sans emploi, est un avantage très important. On y reviendra.

En attendant, pour se faire des amis (volume 2) c’est ici.

 

Photo: Pixabay, et moi

8 Comments
  • dicou
    May 26, 2015

    j’aime bcp ton blog!! la Mathilde’s touch!!

    • mytailorisanexpat
      May 26, 2015

      Merci mon Dicou !!!!!!!!!

  • Deborah
    May 28, 2015

    Bonjour, Mathilde!
    Irlandaise-Suisse, je vis en France avec mon mari et nos 3 enfants. C’est beaucoup moins exotique, mais à vrai dire le problème est très semblable. En plus, après 8 ans à Nantes, on s’est “expatrié” dans le Gers. Du coup, je mise sur les enfants, reprends mes études, cherche (un peu) un job… Heureusement qu’il y a Internet pour ne pas devenir ermite!
    Bonne chance avec ton blog. C’est sympa – ça change du Gers!
    Deb

    • mytailorisanexpat
      May 28, 2015

      Merci Deborah ! Et bon courage pr la reprise des études et la recherche d’amis ! 😉

  • de fougeroux caro
    June 2, 2015

    salut Math,
    je t’ai reconnue tout de suite, j’ai bien ri….!!!
    j adoore, continue, kiss, DASVIDANIA
    caro de Moscou.

    • mytailorisanexpat
      June 3, 2015

      Hello Caro, merci bcp pr ton message !!!
      J’espere que tt va bien pr vs. Je prepare un article sur le fait que j’ai trop chaud a Bangkok… j’ai peur que ça ne te fasse pas trop rire… Gros bisous a toi et tes boys et a un de ces 4 ! Mathilde

  • cottet
    June 9, 2015

    Super blog nous vivons actuellement a Koh Samui, mais nous avons vecu 3 ans a Bangkok et ca a ete tres difficile pour moi de rencontrer du monde, maman au foyer pour m occuper de notre bebe…bravo pour ce super blog qui peux aider beaucoups de maman

    • mytailorisanexpat
      June 10, 2015

      Merci bcp Caroline pr votre message. J’imagine que passer d’une ville comme Bangkok pleine d’expatriés à une pte ile comme Koh Samui, ça ne doit pas êre très facile. Est-ce que depuis que vs vivez à Samui, on vs dit souvent “c’est les gdes vacances ts les jours!”, parceque déjà à Bangkok…

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