Très sérieux comparatif des capitales d’Asie

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Où que l’on aille, on est toujours le centre du monde. Pour nous, expatriés à Bangkok, nous sommes au cœur de l’Asie et nous n’en sommes pas peu fiers. Oui, nous avons conscience qu’il y a d’autres grandes villes dans la région mais, bien sûr, c’est beaucoup mieux chez nous.

Voici donc ce que nous pensons de tous nos voisins expatriés en Asie. Et en bonus pour vous, ce que eux pensent de nous…

 

Singapour

Bien sûr, comme tout le monde, nous aimons à dire : « Singapour, c’est la Suisse de l’Asie. » Alors, on se moque en disant que c’est trop propre, trop bien organisé, trop lisse… Beaucoup trop facile pour les expats chevronnés que nous sommes ! En plus, Singapour est très cher et leur taux d’humidité est pire que le nôtre, ce qui nous permet de pouvoir dénigrer plus à notre aise : « Qu’est ce que j’irais faire là-bas ? Franchement, si c’est pour avoir le même climat qu’à Bangkok, dans une ville aseptisée, avec un pouvoir d’achat au ras des pâquerettes, autant rentrer à Paris

Nous préférons vivre dans le bazar joyeux et authentique de Bangkok…‘’bazar joyeux’’ qualifié dans toute autre conversation ‘’d’enfer urbain’’.

Bon, on en connait plus d’un qui s’est précipité à Singapour une fois la mutation venue.

 

Hong-Kong

C’est sérieux là-bas. Les expats sont tous dans la finance, ils travaillent énormément et pour tenir le rythme, ils se droguent tous. Et puis, tout coûte horriblement cher, à commencer par les écoles. Listes d’attente, tests très sélectifs, esprit de compétition exacerbé… Entourés uniquement de petits héritiers de la fortunée oligarchie asiatique, les enfants d’expat perdent pied avec la réalité. C’est dur.

Et il faut être costaud pour tenir le rythme dans cette ville moderne, vibrante et cosmopolite : carrières en flèche, vie nocturne trépidante, week-end bien remplis (randonnées sur les îles avoisinantes, après-midi à la plage ou sur un voilier dans la baie de Hong-Kong…). Rien que d’y penser, c’est fatiguant.

Heureusement donc que nous pouvons nous cacher derrière nos valeurs et notre petite famille pour dire que vraiment, sans façons, ce n’est pas pour nous cette vie.

 

Jakarta et Kuala Lumpur

(C’est à dire la Malaisie et l’Indonésie, à moins que ce ne soit l’inverse)

Nous n’avons pas d’avis tranché sur ces deux villes (qu’on mélange donc tout le temps). A ce qu’on entend dire, les gens y vivent coincés entre des échangeurs d’autoroutes qui traversent la ville, embouteillés 24 heures sur 24. Nous les plaignons car Bangkok, c’est très joli, très vert et il n’y a aucun problème de circulation.

Egalement, le climat est compliqué (grosses chaleurs, humidité et pluie) et la pollution élevée. Là aussi nous les plaignons beaucoup car à Bangkok, nous sommes épargnés.

Et nous avons entendu dire que ce sont des pays Musulmans. On n’y serait sûrement pas aussi pénard qu’en Thaïlande, pays où les expatriés ont le droit de faire absolument tout ce qu’ils veulent. Mais en fait, ça ferait peut-être du bien à certain(e)s d’être un peu recadré(e)s.

Sinon en fait, c’est un peu comme chez nous: vacances et week-ends de rêve dans tant de petites îles si belles aux eaux turquoises… Voilà qui nous parle !

 

Shanghai

Nous avions (en tous cas moi, mais j’ai l’impression que je ne suis pas la seule) un vieux compte à régler avec Shanghai. Il y a dix ans, alors que nous végétions à Paris sans la moindre perspective internationale, nous avions tous quelques connaissances qui y vivaient la Grande Vie. Ils étaient la fois des pionniers et des expats de haute-volée.

Et puis, la roue a tourné : nous voici à notre tour expat et l’âge d’or de Shanghai s’en est allé. Alors, nous nous en donnons à cœur joie : Shanghai est has-been. Même si notre boss nous proposait un pont d’or, nous n’irions pas. Trop cher et trop pollué. Pour nous faire un peu peur, nous aimons à nous répéter que les gens dorment avec des purificateurs d’air.

Parfois, quelqu’un s’aventure à prononcer le mot Droits de l’homme pour justifier le fait qu’il n’irait pas s’installer en Chine. Mais vivre en Thaïlande dans la dictature militaire du bon général P., ça ça ne le dérange pas.

Enfin, nous nous méfions un peu des expats de Chine car ils sont nombreux à avoir fait l’effort de parler Chinois. Nous n’aimerions pas trop qu’ils nous jugent.

 

Mumbaï et New Delhi

Avant, l’Inde ça nous faisait rêver. Le Taj Mahal, les palais de Maharadjas, les turbans et les moustaches, les saris multicolores… Nous aurions signé tout de suite. Mais depuis qu’on connaît des gens qui travaillent avec des Indiens, on est moins sûrs… Et puis, on lit les journaux et on voit bien que pour les femmes, ce n’est pas le rêve. Pour nous qui courrons les dîners de filles dès que nos maris voyagent, c’est-à-dire 4 soirs par semaine, ce serait trop dangereux. Enfin, le niveau de pollution vient enfoncer le clou. Oui, il vaut mieux élever ses enfants au grand air de Bangkok.

Mais quand-même, le Taj Mahal, les Maharadjas… Pour les prochaines vacances, on va échanger notre appart contre celui d’expatriés de New-Delhi qui veulent venir faire un break chez nous.

 

Le Laos et le Cambodge

Nous ne parlons pas de capitales car nous ne savons pas vraiment comment prononcer leurs noms. Nous parlons donc de ces pays dans leur globalité : la campagne. Les expats là-bas doivent être des baroudeurs ou des humanitaires. Oui, nous sommes devenus Thaïlandais dans notre façon de voir nos voisins les plus proches.

Mais ces week-end à la campagne, à Angkor ou à Luang-Prabang, sont à nos yeux les plus beaux de toute la région.

Parfois, nous sommes en contact avec des femmes enceintes qui viennent passer leurs dernières semaines de grossesse à Bangkok pour y accoucher. On les croise dans les playgroups ou sur les forums de Mamans. Elles adorent trainer dans nos supermarchés luxieux et y dépenser en un jour leur budget d’un mois en disant le regard brillant : « Wha, c’est dingue tout ce que vous avez ici ! ».

Ce qui est étrange, pour nous qui sommes si heureux dans nos malls tout neufs et nos resorts à Phuket, c’est qu’elles ont l’air si contentes de rentrer chez elle une fois le check-up du bébé fait. Mais qu’est-ce qu’elles ont là-bas que nous n’avons pas ici ? Serions-nous devenus superficiels ?

 

Le Vietnam

Là encore, nous ne sommes pas sûrs. Nous pensons au Vietnam un peu comme nous pensons au Laos et au Cambodge. Mais ça doit sûrement être plus moderne, non ?

Parfois, le soir en nous endormant, nous repensons à l’époque où nous avions fait ce long voyage au Vietnam en backpacker.  Nous avions vu tellement d’autres endroits magnifiques que juste la belle Baie d’Along. Nous étions des baroudeurs et rêvions de nous expatrier un jour pour découvrir des nouvelles cultures, nous intégrer à la population locale, vivre une vie si différente de celle qu’on avait alors en Europe… Nous n’imaginions pas être ces expats qui vivent dans des tours, ne parlent pas la langue locale et courent les restaurants chics. On se dit qu’au Vietnam, les expatriés ont peut-être trouvé un bon compromis. Bon, peut-être ne parlent-ils pas vraiment Vietnamien mais c’est sûr qu’ils n’ont pas nos tours.

 

La Birmanie

Comme nous avons définitivement adopté l’échelle de valeurs Thaïlandaise, il nous semble complètement impossible de vivre en Birmanie.

Mais nous y passons TOUS des vacances. La Birmanie, ça s’ouvre et c’est magnifique. C’est le moment d’y aller, dans quelques années ça sera pourri par le tourisme (comme chez nous, oui.)

Mais là encore, la nuit dans notre lit ou au petit matin dans le métro bondé, on pense avec un petit pincement au cœur à ces pays où les expatriés sont des pionniers…

 

Manille

Si ces expatriés là nous les plaignons, parfois nous pensons que nous serions fiers d’être à leur place, parfois (mais pas souvent). Pour vivre dans le chaos de Manille, il faut avoir les nerfs solides et être un sacré aventurier de l’expatriation !

Pour ceux d’entre nous qui sont vraiment en manque de repères et qui bataillent avec les notions de réincarnation, de karma ou de perte de face, nous aimons à rappeler que les Philippins sont Catholiques et que ça doit aider à les comprendre. Mais on se souvient que même le Pape, en visite officielle à Manille, ne s’attarde pas trop longtemps pour cause de typhons géants… Vraiment, c’est un pays trop dur pour nous.

Donc, le mieux avec les Philippines, c’est d’y aller à Noël faire de la plongée dans des eaux beaucoup moins fréquentées que les nôtres.

 

Tokyo

Ah, comme c’est chic d’être expatrié à Tokyo ! Les gens là-bas sont élégants, cultivés, c’est un pays très raffiné, presque élitiste. Donc les expats aussi. Mais, tout le monde le sait, c’est un ‘’pays dur’’. Les Japonais sont des bosseurs et ne sympathisent pas avec les étrangers. Alors les expatriés doivent travailler énormément et se sentir bien seuls.

Mais il y a des saisons au Japon, des vraies… surtout, il NEIGE en hiver !! Donc plutôt que d’aller bosser comme des fous dans un pays hostile, nous allons plutôt aller y skier à Noël. Il vaudrait mieux squatter chez des connaissances quand on sera à Tokyo car tout y coûte si cher. Ça serait un peu pénible de se retrouver dans un hôtel capsule avec les 3 enfants.

 

Séoul

C’est un peu comme Tokyo mais en plus mystérieux. Il y a un côté Asie raffinée, ancestrale, inatteignable… Mais la culture Pop Coréenne vient agiter un peu tout ça et on rigole en pensant au Gangman style ! Ça nous donnerait un bon coup de jeune de partir vivre là-bas ! Bien sûr, comme nous serions expat, nous irions souvent trainer à Gangman, quartier bling-bling de Séoul, et nous pourrions faire des photos rigolotes et les poster sur Facebook.

Raffiné, underground, mystérieux… comme on a un peu peur de faire tâche dans le décor, on préfère rigoler grassement entre nous en se rappelant que à Séoul, quand-même, il y a des expats qui congèlent leurs bébés !

 

ENFIN… chers lecteurs, voici ce que les gens pensent de nous qui vivons à Bangkok :

« Ha, ils sont sympas les expats de Bangkok ! Mais quand-même, quelle bande de glandeurs !! C’est simple, ils passent leur temps à la plage à manger des brochettes et boire des Changs.

Ce qui est bien, c’est que comme ça ne coûte rien là-bas, ils ont tous des immenses appart où on peut squatter pour les longs week-ends. On peut se faire faire des massages à gogo et le soir aller dans des super restaus pour un quart de ce qu’on paierait ici, c’est dingue !

Mais bon, moi on me proposerait, je n’irais pas. C’est le chaos là-bas : le trafic, c’est l’enfer, les Thaïs ne parlent pas un mot de Français, il y a des Coups d’Etat tous les deux ans…

Et surtout, franchement, niveau boulot. Bangkok sur un CV, c’est pas top. Surtout si on reste plus de 2-3 ans. Non, la Thaïlande c’est pour les week-ends et les vacances, c’est tout. »

 

 

Voilà !

Santé, prospérité, facilité sont les fondements essentiels de toute comparaison et les clés du bonheur. Dans ces conversations, il y a toujours quelques voix pour s’élever et dire que là-bas, la vie culturelle est quasiment inexistante, alors non merci. Ou l’inverse.

Mais si nous aimons bien râler, le jour viendra où nous devrons quitter cet immense terrain de jeu qu’est l’Asie et ça ne sera pas facile. En attendant, nous profitons de la Thaïlande et à chaque vacances, nous visitons les pays voisins. En effet, pour pouvoir comparer dans les meilleures conditions, il est essentiel d’être bien informé.

 

Photo: Pixabay

7 Comments
  • Tara B.
    June 18, 2015

    Voilà un excellent, fort réjouissant et fort exhaustif comparatif des grandes métropoles d’Asie. Pour le compléter on pourrait aussi se livrer à un classement en terme de coût de la vie (sujet qui intéresse les expats s’il en est…). Il en ressortirait alors qu’en 2015 le classement des villes les plus chères n’a guère changé : Hong Kong (2ème), Singapour (4ème), Shanghai (6ème), Pékin (7ème), Séoul (8ème) trustent le haut du classement des villes les plus chères du monde pour les expats.

    En fonction de son lieu de résidence on pourra donc se réjouir soit de faire partie de l’aristocratie expatriée vivant dans une de ces villes phares et dynamiques, soit de ne pas faire partie de ces malheureux qui vont dépenser inutilement leurs hauts salaires dans ces villes dispendieuses quand ils pourraient mener la vie de château à la plage. On pourra évidemment changer radicalement d’avis en cas de nouvelle affectation, l’expatrié n’est pas à un retournement de veste (sur mesure) près n’est-ce pas ?

    • mytailorisanexpat
      June 22, 2015

      Oui, j’ai vu passer cette étude !
      Luanda, en Angola est la ville la plus chère du monde pr les expats. Bichkek au Kirghizstan est la moins chère…

      Avis aux amateurs !

  • Jeanne
    June 18, 2015

    Excellent !!!
    Quel tour d’horizon !!
    Parfait équilibre entre gros clichés et petits détails tres bien vus !!!
    Je ne les connais pas toutes ces villes mais quand-même quelques unes et tout me parle !
    Pour du vrai, vous en connaissez combien ?

    • mytailorisanexpat
      June 19, 2015

      Bonne question ! Je viens de compter. Alors, sur ces 15 villes j’en connais 9. Bon, pr certaines “connaitre” est un bien gd mot, disons que j’y suis passée!

  • Helene
    August 30, 2015

    Bon, j’ai ri – un peu jaune – à la lecture du paragraphe Séoul, où j’ai passé 6 ans, cotoyé effectivement qui vous savez, le plus jeune de ses fils (vivant) étant en classe avec mon ainé …
    Brrrr ….

    • mytailorisanexpat
      August 31, 2015

      Aie…….

  • Mr T.
    September 3, 2015

    Moi jamais je n’irai jamais vivre à Bankgok, c’est trop pollué et ne parlons même pas des embouteillages ! On est tellement mieux sur notre île aseptisée où les millionnaires courent les rues… 😉

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